Aujourd’hui, j’ai fait, un peu honteux, un petit tour chez Primark.
Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une énorme chaîne de prêt-à-porter à petits prix.
En zigzaguant dans la marée humaine qui caractérise cet endroit, je suis tombé sur un tee-shirt arborant fièrement le mot “CONSCIOUS”.
Dans la catégorie “foutage de gueule”, je pense que Primark a fait très fort sur ce coup-ci :
Conscient de quoi exactement ?
[/et_pb_text][/et_pb_column][/et_pb_row][/et_pb_section]De l’environnement ?
Primark fait partie des géants du prêt-à-porter, l’une des industries les plus polluantes sur terre : en plus d’utiliser 4% de l’eau potable disponible sur terre, l’industrie textile est responsable de 17 à 20% de la pollution de l’eau dans le monde. En effet, 1 tonne de textiles produite nécessite de polluer 200 tonnes d’eau.
- Environ 100 milliards de textiles sont vendus chaque année dans le monde entier.
- L’industrie textile est le 3ème plus grand consommateur d’eau dans le monde (après la culture du blé et du riz).
- 1,2 milliard de tonnes de carbone sont émises chaque année par l’industrie textile.
- Seulement 12% des vêtements produits dans le monde sont recyclés.
De plus, Primark importe systématiquement ses vêtements d’Asie. Utilisant donc des transports longue distance qui polluent énormément.
L’enseigne change ses collections 8 fois par an, incitant ainsi à la surconsommation, extrêmement néfaste pour l’environnement.
Primark a carrément créé un concept à lui tout seul, celui de la mode jetable. En effet les vêtements de mauvaise qualité, sont en moyenne portés 8 à 10 fois seulement avant d’être balancés à la poubelle. Une habitude de consommation aberrante.
En se baladant dans les rayons et en observant d’un œil marketing, on peut se rendre compte que tout a été minutieusement réfléchi. Des promotions sur d’autres promotions, un système d’échange poussant à acheter sans même avoir essayé, une atmosphère un peu oppressante faisant perdre toute notion du temps.
Le lieu fait globalement penser à un casino de Vegas. Il n’y a aucun indicateur temporel et très peu de vitres donnant sur l’extérieur. Cette technique permet de garder les clients plus longtemps en magasin. Un client qui reste plus longtemps est un client qui achète plus !
De la santé ?
Les fibres sont souvent traitées avec des produits considérés comme des perturbateurs endocriniens majeurs. Une fois dans le corps humain, ils affectent la mémoire et le comportement, même à petite doses. Ils contiennent également des métaux lourds, à l’origine de cancers et d’empoisonnements.
Acheter de la fast-fashion et plus particulièrement chez Primark expose le consommateur à un certain nombre de risques. En effet, de manière générale, les textiles contiennent 60% de fibres synthétisées à partir du pétrole. Ajoute à ça la myriade de produits toxiques utilisés pour donner des effets ou encore rendre les vêtements infroissables et tu obtiens un cocktail détonnant sur le long terme, à l’origine de nombreuses pathologies et problèmes :
- Impact sur la fertilité
- Irritation des yeux et des voies respiratoires
- Eczéma et irritations
- Retards de croissance chez l’enfant
- Possibilité de développer de l’asthme et des allergies
Pour les personnes qui les fabriquent, c’est encore pire. En effet, depuis les pesticides aspergés dans les champs de coton jusqu’au produits vaporisé lors de la confection en passant par les agents chimiques utilisés pour les teintures, les travailleurs du textiles sont en permanence exposés à un risque majeur d’émanation toxiques, ce qui augmente considérablement leurs “chances” de développer des maladies physiques et mentales.
Ce risque sanitaire s’étend même au-delà des travailleurs puisque les personnes et animaux à proximité devront s’accommoder d’une eau polluée par ces mêmes déchets toxiques.
Des conditions humaines ?
Primark est au cœur de nombreux scandales d’un point de vue humain. Les travailleurs sont sous-payés et exploités dans leurs usines au Cambodge et au Bangladesh. Un ouvrier travaillant 6 jours par semaine ne touche que 83€ par mois. Pourtant, il lui en faudrait 400 pour vivre décemment. En plus de risquer sa vie tous les jours dans des lieux insalubres où l’on bafoue en toute détente les droits des travailleurs, il devra faire face à tous les problèmes de santé encourus.
Je pense que le terme “esclavage moderne” est un petit peu faiblard pour décrire ces pratiques.
Les conditions de travail sont dangereuses et ont déjà causé la mort de 1138 personnes en 2013, lors de l’incident du Rana Plaza, un incident ayant révélé à la face du monde toute l’horreur qui se cache derrière les enseignes de fast-fashion et de la mode de manière générale.
Même en Europe, les salariés subissent des conditions de travail déplorables. Pour pouvoir vendre ce tee-shirt “conscious” à 5 euros, il faut bien rogner sur les droits humains des personnes…
En plus d’être surveillés en permanence, les employés doivent supporter des ruptures abusives de périodes d’essais, des arrêts maladie non payés et une ambiance de travail stressante.
Les témoignages pullulent sur le net.
D’ici 2030 Primark s’engage pour l’environnement.
Quelle énorme blague… Comme si ça allait changer quoi que ce soit.
Comment parler de sources “durables” dans un monde qui meurt ?
Et réduire de moitié ?
Comment peut on ne serait-ce que penser que cela pourrait suffire ?
Et à quel prix ?
En détériorant un peu plus les conditions de travail de leurs ouvriers ?
En faire des caisses au point de dédier une page entière de son site web à des promesses aussi peu raisonnables porte un nom : le Green Washing.
Le Green Washing est un terme désignant une stratégie marketing déplorable, à la solde des plus gros pollueurs de la planète pour leur donner une image acceptable dans l’esprit du consommateur tout en camouflant du mieux qu’ils peuvent leur fonctionnement ultra-destructeur pour le vivant dans son ensemble.
En gros, ils te promettent de faire un geste (dérisoire) pour la planète dans au moins 10 ans (alors qu’il aurait fallu le faire il y a 30 ans) pour se proclamer par la suite “acteurs du changement”.
Même les marques de luxe n’hésitent pas à abuser du Green Washing.
Bref, j’ai l’impression d’entendre un mari violent dire qu’il protège sa femme des autres hommes alors que c’est de lui qu’il faudrait la protéger.
Chez INTO nous sommes répugnés de constater que le marketing puisse servir à des fins aussi abjectes. Si nous avons choisi cette voie c’est justement pour valoriser des concepts et des modes de pensée qui luttent pour un avenir un peu moins catastrophique.
Par pitié… STOP !
Refaire sa garde-robe pour moins de 100€ est attrayant, certes. Mais ce qu’on économise en argent, on le paye cash en conséquences écologiques et en y laissant son intégrité. La situation est catastrophique sur terre. Le GIEC à beau avertir depuis 30 ans les autorités sur la nécessité de revoir nos modèles économiques, rien n’y fait. En autorisant ces magasins en Belgique, nous nous rendons coupables d’une énième dégradation de la biodiversité et de l’atmosphère terrestre.
Ne laissons plus les marques agir à leur guise en se foutant éperdument de notre futur.
Soyons CONSCIENTS (haha 😭) que les promesses de ces industries ne sont que de la poudre aux yeux et arrêtons de se faire avoir !